Le centre de Protonthérapie

Le centre de Protonthérapie constitue l’un des trois plateaux techniques du département de Radiothérapie oncologique de l'Institut Curie. Depuis son ouverture en 1991, plus de 5 000 patients y ont été traités.
© Noak / Le Bar Floréal / Institut Curie

Si les premiers traitements effectués concernaient les mélanomes de l’œil, depuis les localisations tumorales prises en charge se sont diversifiées.
Dès 1993, certaines tumeurs de la base du crâne chez l’adulte et chez l’enfant  – et chez les très jeunes enfants depuis 2006, date de l’installation de l’anesthésie générale – pouvaient bénéficier de la protonthérapie.
Cet élargissement des indications thérapeutiques va encore s’amplifier grâce au bras isocentrique qui permet d’orienter le faisceau autour du patient selon toutes les incidences et ainsi traiter de nouvelles localisations tumorales jusqu’à présent inaccessibles.
Cette avancée technologique devrait permettre de proposer la protonthérapie à un plus grand nombre d’enfants, ce qui représente un avantage notoire en pédiatrie en raison de la limitation des effets secondaires que permet la protonthérapie (réduction du volume de tissus sains irradiés donc moins de séquelles orthopédiques et réduction du risque de cancer radio-induit).
Le centre de Protonthérapie de l’Institut Curie a un partenariat privilegié avec deux autres hôpitaux que sont l’Institut Gustave-Roussy et l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris qui participent aussi au recrutement et à la préparation de certains patients.


Pr Jean-Nicolas Munck
Directeur de l’Ensemble hospitalier de l’Institut Curie (2010-2011)


L ’inauguration du NOUVEAU CENTRE DE PROTONTHÉRAPIE marque une étape – médicale, scientifique, humaine et historique – importante dans la vie de l’Institut Curie. Elle est aussi l’occasion de rendre hommage à mon prédécesseur, le Pr Pierre Bey, qui a porté le projet de restructuration du nouveau centre. Avec ce projet d’envergure, l’Institut curie s’inscrit pleinement dans la cancérologie du 21e siècle et souligne une nouvelle fois l’exemplarité du continuum recherche – soins innovants. En effet, le centre de Protonthérapie s’est créé autour de l’accélérateur de physique nucléaire d’Irène et Frédéric Joliot-Curie. Et depuis, que de chemin parcouru jusqu’à l’ouverture en 2010 d’un tout nouveau centre dont la dernière phase de rénovation vient de s’achever avec la mise en route du nouveau cyclotron et du bras isocentrique, après plus de 4 ans de travaux.

La protonthérapie est l’une des formes les plus abouties de la radiothérapie de précision. Depuis 1991, date de sa mise en oeuvre à Orsay, plus de 5 000 malades en ont bénéficié avec des résultats très positifs. S’étant initialement développée pour les tumeurs de l’oeil et les tumeurs intracrâniennes, la protonthérapie est en forte évolution dans le monde, avec un élargissement des indications en particulier en pédiatrie en raison de la diminution du risque de séquelles.
Le NOUVEAU CENTRE DE PROTONTHÉRAPIE va pouvoir traiter 200 patients de plus par an, dont au moins 120 enfants et répondre ainsi aux besoins croissants dans ce domaine.
Pour réaliser ce centre d’intérêt national, un investissement de 50 millions d’euros a donc été nécessaire et rendu possible grâce à un emprunt (30 millions d’euros), un soutien exceptionnel du ministère de la Santé (subvention de l’Etat de 15 millions d’euros et soutien en MIGAC (1) pour aider au remboursement de l’emprunt contracté par l’Institut Curie).

Le NOUVEAU CENTRE DE PROTONTHÉRAPIE fait partie du plateau technique de radiothérapie de l’Institut Curie qui est aujourd’hui l’un des plus complets
d’Europe.
Il accueille des patients venant de toute la France et de l’étranger. Dans la région Ile-de-France, en dehors du recrutement direct de l’Institut Curie, les patients peuvent être adressés par l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris et par l’Institut Gustave Roussy, partenaires du centre depuis sa création.
Le centre travaille en réseau avec des groupes d’experts et a noué des partenariats scientifiques avec le CNRS (IPNO, GANIL) et le CEA pour la radioprotection, la robotique, la dosimétrie, la modélisation du faisceau et la radiobiologie, ainsi qu’avec les autres centres dans le monde sur des projets de R&D ou des collaborations cliniques. Grâce à ces développements qui lui donnent un nouvel essor au plan national et international, le NOUVEAU CENTRE DE PROTONTHÉRAPIE de l’Institut Curie pourra désormais traiter 550 patients par an, pour de nouvelles indications notamment chez l’enfant et pour des tumeurs localisées en dehors du crâne. L’ensemble de ces projets permettra au centre de prendre une nouvelle envergure internationale.

(1) Missions d’intérêt général et à l’aide à la contractualisation : dotations faites par les ARH aux établissements de santé.


Author / Source : Centre de Protonthérapie